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Chroniques de la Collection de Zoologie

Un Cœlacanthe voyageur


Auteurs :
Santiago Aragon (Maître de Conférences. Responsable de la collection et du plateau technique de Biologie Animale, UPMC)
Frédérique Andry-Cazin (Direction de la Culture, UPMC)


Histoire d'une découverte exceptionnelle !

En décembre 1938, tout à fait par hasard, le premier Cœlacanthe vivant a été capturé dans les filets d'un pêcheur au large d'East London, en Afrique du Sud, près de l'embouchure de la rivière Chalumna. Remis en très mauvais état à Marjorie Courtenay-Latimer (1907-2004), conservatrice du musée de la ville, l'animal a été décrit sommairement par l'ichthyologiste sud-africain James Leonard Smith (1897-1968) sous le nom de Latimeria chalumnae, représentant actuel d'un groupe que l'on croyait éteint depuis près de 70 millions d'années. A partir de 1952, plusieurs exemplaires ont été capturés dans l'archipel des Comores, territoire d'outre-mer avec une forte présence française. L'étude anatomique détaillée de l'espèce a été réalisée par les professeurs Jacques Millot (1897-1980) et Jean Anthony (1915-2004) du Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris, institution qui coordonne, depuis lors, les recherches sur l'espèce.

Qu'est-ce que c'est qu'un Cœlacanthe ?

Les cœlacanthes constituent le groupe des Actinistiens, des Vertébrés aquatiques avec un squelette osseux. Ils sont apparentés aux plus connus Tétrapodes (Amphibiens, Tortues, Mammifères, Serpents, Lézards, Crocodiles et Oiseaux) par la présence de membres locomoteurs de type monobasal, c'est à dire, avec un seul os à la base du membre. En dépit de sa morphologie, un Cœlacanthe n'est pas un proche parent des «poissons», terme d'usage courant mais qui n'a pas de signification phylogénétique.

Parmi d'autres caractères qui les sont propres, les Actinistiens présentent une articulation intracrânienne permettant des mouvements originaux du squelette de la tête, un organe éléctrorécepteur sur l'avant de la tête et une nageoire caudale munie d'un lobe médian, dans lequel se prolonge le squelette axial de l'animal.

 

Toutes ces particularités avaient déjà été identifiées sur des restes fossiles avant la capture du premier Cœlacanthe, raison pour laquelle l'espèce a été présentée à la communauté scientifique comme un «fossile vivant», expression très ambigüe qui manque de sens en Biologie. Aujourd'hui, deux espèces appartenant au genre Latimeria ont été décrites : le L. chalumnae des Comores et le L. menadoensis d’Indonésie. Les deux sont actuellement menacées d’extinction.

 

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