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Chroniques de la Collection de Zoologie

Corps en fluide : la collection  Frič d'anatomie comparée


Auteurs : Alexandre Mille, Amandine Péquignot et Santiago Aragon
Photos :  Guillaume Osès et Thomas Baspeyras


La collection de la Faculté des Sciences

 

Dans les années soixante-dix du siècle dernier, au moment de la disparition de la Faculté des Sciences, les objets qui intégraient la collection de zoologie ont été partagés entre les deux Universités nouvellement créées : Paris 6 (UPMC) et Paris 7 (Université Paris Diderot). Les échantillons Frič n'ont pas été une exception. Des critères pédagogiques et de représentation se sont imposés et l'unité historique de l'ensemble n'a pas été respectée. Aujourd'hui, à l'UPMC on recense 25 échantillons signés Frič. Six autres ont été retrouvés dans la collection de zoologie de l'Université Paris-Diderot.

Le constat d'état effectué sur les objets propriété de l'UPMC atteste d'une bonne conservation. Treize d'entre eux sont des montages toujours lutés à la vessie de porc. Cinq autres ont perdu ce curieux « chapeau chinois » qui coiffe le bocal mais restent dans leurs récipients d'origine. Le reste a été transféré au cours de leur histoire vers d'autres contenants en verre, probablement à cause d'accidents qui ont entraîné la perte des originaux. En ce qui concerne les exemplaires eux-mêmes, ils sont tous dans un excellent état de conservation à l'exception d'un squelette d'aiguillat, une espèce de requin, qui s'est effrité à l'intérieur du bocal. Curieusement, le montage de la pièce est celui d'origine, ce qui laisse à penser à un problème de fixation du cartilage dans l'atelier Frič au moment de sa conception.

Aux vues de leur valeur historique et patrimoniale, les objets Frič ne sont plus, ou très rarement, utilisés dans les salles de travaux dirigés du service d'enseignement de Biologie Animale de l'UPMC. Ils sont présentés à l'intérieur des vitrines de la salle de collections. Cependant, les défis de conservation restent nombreux et difficiles à résoudre. Inévitablement, l'alcool qui aujourd'hui préserve les tissus continuera à s'évaporer. La remise à niveau du liquide entraînera, dans bon nombre de cas, la destruction du lutage ancien. Le moment arrivé, des mesures adaptées seront prises pour assurer sa conservation tout en développant le potentiel pédagogique de ce patrimoine universitaire méconnu qui sort peu à peu de l'oubli.

 

 

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