Techniques d’animation de groupes
1°) Le tour de table : on pose une question ou un problème simple et chaque participant
à tour de rôle donne son avis ou sa réponse. La durée peut être très
différente d’un groupe à l’autre. Faire des essais pour voir si le groupe
s’exprime longuement ou au contraire très succinctement.
2°) La discussion en panel : 3 ou 4 « spécialistes » (étudiants ayant travaillé
le sujet) font face à un groupe et exposent un sujet choisi à l’avance, scientifique
ou non. Ils exposent brièvement une synthèse et répondent en alternance aux
questions de la salle.
Cela s’apparente à une
soutenance orale et la plupart des sujets scientifiques peuvent être discutés
en panel. On peut également prendre des sujets d’organisation, de gestion du temps,
de méthodes de travail, de qualités d’un oral, etc
3°) Le brain-storming est essentiellement créatif. Son objectif est de faire produire des idées
nouvelles et originales. En effet un groupe est souvent plus productif que
l’addition de ses membres isolés.
Il faut : un animateur,
8 à 15 participants et 2 à 3 observateurs.
Ø
Le problème à poser doit être simple
(c’est-à-dire ne pas se subdiviser en plusieurs questions qui pourraient
chacune faire l’objet d’un exercice). L’animateur le présente brièvement, de
manière claire et en apportant toutes les précisions souhaitables pour que ce
soit bien compris. Ensuite il laisse la parole au groupe pendant 20 à 45
minutes selon les principes suivants :
Ø
Chacun peut prendre la parole et soumettre
n’importe quelle idée, même la plus saugrenue
Ø
Chacun s’efforce de
communiquer toutes les idées qui lui viennent sans sélection
Ø
Aucune critique ou discussion sur les idées n’est autorisée :
on émet ses propres idées et on écoute celles des autres, c’est tout
Ø
L’animateur se contente de donner la parole
à tous, dans l’ordre ou on la lui demande, sans réagir aux idées émises. Il
reformule les idées confuses ou mal comprises ; fait des synthèses partielles,
des regroupements convergents ; il relance l’émission des idées, encourage
chacun à parler et recentre le groupe sur le problème
Ø
Les observateurs notent
toutes les idées émises sans sélection (ce peut être l’animateur qui note
au tableau ou sur un paper-board)
Dans un 2ème
temps, par groupes de 3 à 6 personnes les participants reprennent toutes les
idées notées par les observateurs, les classent en 4 à 5 catégories et
éventuellement sélectionnent celles qui leur paraissent les plus intéressantes
à retenir pour les appliquer.
Chaque petit groupe expose
son classement à l’ensemble du groupe et propose les idées qui lui
paraissent les meilleures. A la fin, l’animateur essaie de faire une synthèse
et de concrétiser quelques solutions pour l’avenir.
Ø
Dans le cadre de nos
modules on peut employer le brain-storming (éventuellement raccourci)
pour :
Ø
Trouver des sujets de
dossiers, de posters ou d’exercices
Ø
Trouver tous les mots
ou phrases décrivant un phénomène ou permettant de progresser dans l’étude d’un
phénomène
Ø
Trouver tous les sens
d’un mot (ou phrase) et tous les mots pouvant y être associés
Ø
Trouver les démarches
et qualités d’une bonne recherche documentaire
Ø
Trouver les critères de
qualité d’un oral et comment bien préparer
Ø
Donner des idées
d’activités du groupe
Ø
Trouver les moyens de
la gestion du temps ; des méthodes de travail pour réussir etc
4°) L’étude de cas : un cas est une situation concrète problématique.
C’est l’exposé d’une situation observée dans la vie quotidienne ou professionnelle
et qui réclame une résolution ou une décision. Il peut être relaté par un
document ou tiré de l’expérience du groupe lui-même (pourquoi tel exercice
devant être traité en 15 mn a demandé 45 mn ; pourquoi tel travail, préparé
depuis longtemps n’a pas abouti, n’a pas donné satisfaction, pourquoi on ne
comprend pas en maths…)
Le cas est soumis à chaque
participant qui l’étudie. Ensuite, en groupe de 3 à 6 personnes, il s’agira
Ø
De préciser les différents
aspects du problème
Ø
De proposer des solutions
Ø
D’examiner et de confronter
les diverses solutions
Ø
D’en retenir une
et de la formuler clairement
Ensuite chaque groupe expose
une synthèse à l’ensemble du groupe et on essaie de dégager les solutions à
mettre en œuvre par ordre d’efficacité.
Cette méthode donne
l’occasion de provoquer la confrontation des opinions, la découverte des idées
d’autrui et de la l’analyse des problèmes.
Il est tout à fait possible
de transposer cette méthode à l’étude d’un problème scientifique.
5°) Le Phillips 6/6 :
L’animateur expose et marque au tableau le problème à étudier.
Des groupes de 6 sont formés
par tirage au sort, affinité ou autoritairement. Ces groupes élisent un président
et un rapporteur. Puis ils délibèrent sur le sujet 6 minutes
(cette indication est théorique et on peut aménager cette méthode en fonction
de la tâche et des contraintes matérielles).
Dans un 2ème
temps, les rapporteurs se rassemblent autour d’une table sous la conduite de
l’animateur et devant les autres participants silencieux. Ils exposent
brièvement l’idée principale retenue et esquissent un débat.
Les petits groupes se réunissent
de nouveau et reprennent le problème différemment.
On peut recommencer
plusieurs fois jusqu’à ce qu’un accord ou une décision soit prise.
Dans chaque groupe, chacun
est à tour de rôle président et rapporteur. Le président fera en sorte que
chacun s’exprime et ne donnera son avis qu’à la fin de chaque période.
Cette méthode s’applique à
de nombreux problèmes pourvu qu’il y ait une solution à apporter :
problèmes de maths, physique, économie, d’organisation, explication de textes,
analyse d’œuvres ou d’expériences, analyse critique …
6°) La simulation:
la simulation est une situation concrète reconstituée selon un modèle
et reproduisant les caractéristiques essentielles d’une situation réelle :
scénarios conduisant les participants à réagir à une situation intimidante
ou difficile. En général l’individu joue un rôle très proche de celui qu’il
peut être amené à tenir dans la réalité.
Il faut un animateur qui
n’intervient pas sur le fond mais organise et stimule et des observateurs qui
notent ce qui se passe et permettront d’analyser.
Cette technique
permet :
Ø
De susciter des réactions
devant une situation concrète
Ø
D’analyser ces
réactions et de trouver de meilleures réponses
Ø
D’ajuster ses
réactions aux situations
Ø
De mieux se
connaître
Ø
D’oser plus
facilement aller discuter dans la réalité
Exemples : téléphoner à un organisme pour des renseignements ;
pour des réclamations ; Aller voir un professeur pour discuter de ses
résultats ; pour réparer une injustice ; parce qu'on a pas compris ;
on a oublié de faire un devoir etc
7°) Les jeux de rôle consistent à faire jouer à quelques participants d’un groupe devant
les autres des rôles inhabituels, de façon à leur faire prendre conscience
des motivations et modes de pensée différents et développer leurs facultés
de compréhension et d’adaptation. Pour organiser un jeu de rôle il faut :
Ø
déterminer les éléments
principaux de la situation de départ : lieu, époque, personnages et rôles
Ø
laisser les membres du
groupe se désigner volontairement pour les rôles à tenir
Ø
laisser place à l’improvisation
Après l’improvisation,
l’animateur interroge les acteurs et les spectateurs sur leur ressenti,
Ce qui les a frappés, les
réparties adaptées ou pas, les idées constructives etc
Il est intéressant de faire
jouer aux étudiants des rôles de professeur qui essaie de faire passer une idée
ou explication, d’animateur de projet qui explique sa méthode, de chercheur qui
expose ses résultats, de gestionnaire qui donne ses objectifs, de secrétaire
qui essaie de cerner et répondre aux étudiants, de journaliste qui interviewe
un chercheur etc afin qu’ils prennent conscience des difficultés de
communication, des tâches des autres personnes et se responsabilisent.
8°) le photolangage
est un support visuel
qui vise à aider l’expression. On présente en vrac des illustrations (des
paysages, des personnages, des situations pour favoriser l’expression vécue,
des publicités pour analyser les outils de communication, des croquis scientifiques,
des appareils ou des expériences pour parler des phénomènes scientifiques ;
ce peut être aussi des mots, des adjectifs, des verbes pour orienter le discours
etc).
Exposer
le thème de l’exercice (« visualisez-vous
dans 5 ou 10 ans dans votre travail » ; « parlez de vos méthodes
de travail » ; « que représentent pour vous les études en DEUG ?» ;
« reliez ce dessin aux lois scientifiques que vous connaissez » ;
«expliquez ce schéma, cette expérience » ; « à votre avis,
quels résultats peut-on attendre de cette expérience ? de cet appareil ? »…).
Chaque participant choisit une ou plusieurs
illustrations (qui doivent être en surnombre et toutes différentes) et doit exprimer
ce qui lui vient à l’esprit pendant 3 (ou 5) minutes.
A la fin, l’animateur fait une synthèse en notant
la variété, la richesse des idées, en appuyant sur les idées les plus
intéressantes, éventuellement en corrigeant les erreurs.
9°) les questions-réponses : l’animateur propose un sujet général. Les participants
par groupes de 2 à 5 écrivent toutes les questions qui leur paraissent
intéressantes sur le sujet puis en sélectionnent 2 ou 3 qu’ils écrivent sur
un bout de papier. Tous les papiers sont recueillis dans une boite.
Dans un 2ème
temps, les groupes (remélangés ou non) tirent au sort un papier dans la
boite, et travaillent à trouver des réponses et des solutions aux questions.
Dans un 3ème
temps, une personne par groupe expose à l’ensemble les questions tirées
et les résultats de son groupe.
Synthèse et conclusion de l’animateur.
Tiré de : Travailler en groupe, F.Vanoye,
Hatier 1976
Méthodes et outils pédagogiques,
D.Chalvin, ESF ed corrigée 1999