Chez les organismes multicellulaires,
le sauvetage s'avère plus complexe. On peut envisager de
traiter l'organisme mutant soit à l'état unicellulaire,
avant différenciation soit lorsqu'il est déjà différencié.
Mais lorsqu'un oeuf est
encore à l'état unicellulaire, comment y prélever ,sans
dommage pour lui du matériel génétique afin de déterminer
s'il porte ou non la mutation A ce stade (ou presque) on
dispose actuellement d'une technique efficace qui à la suite
d'une fécondation in vitro et un début de développement
(donc déjà à un stade multicellulaire) permet de trier parmi
les embryons obtenus ceux qui sont porteurs de la mutation
suspectée de ceux qui portent l'allèle sain. Il est donc
plus simple de réimplanter un embryon sain que d'essayer
de corriger le défaut génétique d'un embryon mutant.
Le problème se pose réellement
lorsqu'un sujet qui est déjà né développe une maladie d'origine
génétique. A ce moment l'individu est constitué de milliards
de cellules différenciées. Pour de nombreuses maladies,
l'allèle mutant ne se manifeste que dans une ou quelques
lignées cellulaires qui ont perdu la capacité à synthétiser
une protéine active. On souhaite donc redonner cette capacité
à suffisamment de cellules de cette lignée pour rendre au
sujet la capacité dont le défaut est la cause primaire de
sa maladie.
On ne peut envisager
une possibilité de thérapie génique qu'à certaines conditions
: connaître le gène en cause, l'avoir cloné, avoir identifié
les cellules dans lesquelles il devrait s'exprimer. Ce ne
sont pas les seules conditions mais celles-ci sont incontournables.
Les maladies susceptibles
de faire l'objet d'une thérapie génique sont de 3 sortes
:
- maladies génétiques monogéniques
- maladies génétiques complexes
- maladies génétiques acquises
Les maladies génétiques
monogéniques sont dues à un défaut d'un unique gène et pour
lesquelles le gène en question a été cloné et analysé. Les
maladies génétiques classiques ont souvent des conséquences
complexes: le défaut dans un gène unique peut en fait avoir
de profondes répercussions sur des organes différents; la
thérapie génique est actuellement limitée par le type de
cellule somatique ou les tissus visés. De plus, le contrôle
de l'expression du gène nouvellement introduit peut être
problématique.
D'autres maladies génétiques
( cardio-vasculaires, cancer, hypertension, arthrite) ont
des composantes génétiques complexes (plus d'un gène est
impliqué dans le développement de la maladie). La thérapie
génique peut intervenir dans ces situations en fournissant
une nouvelle fonction. Dans le cas du cancer par exemple,
on essayera d'induire une réponse immunitaire renforcée
contre les cellules tumorales ou d'induire la mort de ces
mêmes cellules par la métabolisation de molécules toxiques.
Certaines maladies virales
peuvent être considérées comme des maladies génétiques acquises,
comme par exemple les cancers engendrés par le virus Epstein-Barr
ou par le virus de l'hépatite B, ou le SIDA. La thérapie
génique visera à éliminer sélectivement les cellules infectées
ou à inhiber la réplication virale dans ces cellules (virus
HIV). De nombreux projets en développement concernent effectivement
le SIDA.