Il faut que le gène cloné
puisse s'exprimer correctement. Le vecteur dans lequel il
est inséré doit donc avoir les caractéristiques d'un vecteur
d'expression (posséder des signaux de début de transcription
et de fin pour que la synthèse d'ARNm se fasse correctement).
Les problèmes d'épissage et de taille (certains gènes génomiques
humains dépassent la centaine de kbp)sont résolus en clonant
non pas le gène génomique mais l'ADNc. Néanmoins il reste
les problèmes de maturation de la protéine après la traduction
(glycosylations, méthylations,...) .Dans le cas du facteur
VIII (gène impliqué dans un type d'hémophilie) dont le gène
a été cloné en 1985, ce problème n'est toujours pas résolu.
Vecteurs
Les vecteurs viraux que
l'on utilise actuellement sont soit des rétrovirus qui ne
s'intègrent que dans des cellules en division, soit des
adénovirus à ADN qui peuvent infecter les cellules qui ne
se divisent pas, soit des constructions plus artificielles.
Dans tous les cas on
intègre au génome viral une cassette qui contient l'ADNc
à exprimer et des séquences régulatrices en 5' et 3' qui
permettront son expression dans des cellules de type mammifère.
Les rétrovirus
ont un génome d'ARN qu'ils recopient en ADN après infection.
Cette copie est intégrée au génome de la cellule hôte grâce
aux répétitions terminales. On prépare un virus recombiné
où les gènes de réplication (gag-pol-env) ont été remplacés
par la cassette contenant le gène d'intérêt. Après reproduction
de ce virus défectif, il est injecté aux cellules à transformer
où la cassette va s'intégrer au hasard dans le génome propre
de la cellule. Cette intégration non ciblée peut être à
l'origine de mutations néfastes pour les cellules qui les
portent. Si les cellules transformées sont aptes à survivre,
leurs descendantes porteront également le gène surnuméraire
et le produit de traduction continuera d'être fabriqué pour
corriger le défaut génétique. La capacité de tels vecteurs
est de 9kbp maximum.
Les adénovirus
sont des virus à ADN qui infectent aussi bien les cellules
qui ne se divisent pas. Ils ont principalement comme cibles
des cellules du système respiratoire. C'est pourquoi on
s'en est servi dans la recherche d'une thérapie génique
pour la mucoviscidose. Un des gènes essentiel de l'adénovirus
est remplacé par la cassette d'expression (capacité maximum
8kbp). L'ADN de ces virus n'est pas intégré au génome de
la cellule hôte, ce qui implique la nécessité de traitements
récurrents pour maintenir l'infection. Mais il arrive que
certaines protéines virales présentent un effet toxique
et des problèmes de rejet des cellules infectées sont fréquents
Des parvovirus
défectifs sont parfois employés(Adeno Associated Virus).
Il faut alors les utiliser avec un virus (type herpes ou
adéno) qui vient aider le virus défectif dans sa réplication.
La cible peut être constrituée par des cellules qui ne se
divisent pas. Les problèmes sont encore ceux inhérents aux
protéines virales et à la réaction immunitaire qu'elles
risquent de déclencher. La capacité maximum de telles constructions
est de 4,5kbp.
Afin d'éviter les problèmes
immunitaires on s'est tourné vers des constructions dépourvues
de protéines : de l'ADN de type plasmidique qui contient
une cassette d'expression (maximum 50kbp) est inclus dans
un liposome. La plupart des liposomes reste dans le cytoplasme.
La faible proportion qui atteint le noyau s'y maintient
sous forme plasmidique. Le rendement de ce type de transformation
est très faible.
ADN nu
L'ADN cassette est inclus
dans un plasmide bactérien entouré des séquences qui lui
permettent une expression dans des cellules de mammifères.
Tel quel il est injecté aux cellules à transformer. Les
plasmides qui atteignent le noyau s'y maintiennent sous
forme plasmidique. L'efficacité est cependant très faible.
Dans l'ensemble des techniques
décrites ci-dessus la capacité des vecteurs est limitée
ey ne permet que le clonage de l'ADNc. Il est donc impossible
d'intégrer l'allèle sauvage du gène d'intérêt avec ses séquences
de contrôle naturelles (ce qui peut être une cause supplémentaire
de dérégulation cellulaire).
Minichromosome
humain
On sait construire depuis
un certain temps des chromosomes artificiels de levure (pYAC,
voir Chapitre 2). Les chromosomes eucaryotes ont tous comme
constituants essentiels
* aux deux extrémités
des télomères( répétitions de 5 à 20 kbp d'un petit motif
TTAGGG) protégeant les chromosomes d'érosion.
* une région centromérique
constitués de motifs répétés. Cette séquence centromérique
se fixe aux microtubules cellulaires et assure la répartition
correcte des chromatides filles lors des divisions cellulaires.
* une (plusieurs sur les
chromosomes naturels) origine de réplication.