Université Pierre et Marie Curie

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Problèmes

 

Deux grandes catégories de risques potentiels peuvent être schématiquement présentées.

Problèmes liés à l'insertion

La première catégorie concerne les risques liés au fait même d'insérer dans un organisme un gène ou une séquence d'ADN qui lui est étranger.

Un premier type de risques pourrait résulter de ce que, dans la plupart des cas, les gènes étrangers sont insérés au hasard dans une portion du génome de l'organisme hôte. Il n'est donc pas toujours possible de savoir à l'avance quelles séquences du génome seront modifiées par l'insertion et quelles en seront les conséquences et ce d'autant plus qu'il existe des phénomènes d'interaction entre les différents gènes d'un génome. Plusieurs situations sont alors envisageables. Il se peut, en premier lieu, que les fragments d'ADN insérés recombinent accidentellement avec l'ADN de l'organisme hôte formant un recombinant capable de synthétiser des substances nouvelles pouvant s'avérer nocives ou permettant l'expression de virus jusque là désactivés. En second lieu, les mécanismes de contrôle protecteurs du gène inséré peuvent être déstabilisés par le transfert et devenir par là même inefficaces.

Un second type de risque peut être induit par l'utilisation de virus comme vecteur du gène inséré. Ces virus pourraient provoquer des mutations et donc être cancérigènes pour l'homme ou l'animal.

Problèmes lié à la dissémination

La seconde catégorie de risques regroupe ceux qui sont susceptibles d'être engendrés par une dissémination, accidentelle ou volontaire, de l'OGM dans l'environnement, plus précisément par l'incapacité de maîtriser le transgène ou l'OGM dans son entier. Ici, les risques potentiels diffèrent selon que l'OGM est un micro-organisme, une plante ou un animal et en fonction de nombreux facteurs.

De manière générale, deux problèmes peuvent se poser.

Tout d'abord, celui généré par les nouvelles propriétés biologiques conférées à un organisme par l'insertion d'un transgène. Ainsi, si ces nouvelles propriétés confèrent à l'OGM un avantage sélectif, celui-ci peut envahir des écosystèmes où il s'avérerait nuisible, se développant au détriment d'autres organismes. Un transgène pourrait par exemple transformer en mauvaise herbe une plante qui n'en était pas une. Par ailleurs, on pourrait aussi voir apparaître de nouvelles populations sous l'effet de la forte pression de sélection accompagnant les OGM, comme par exemple le développement de populations d'insectes résistant à la toxine produite par une plante transgénique rendant celle-ci inefficace.

Le second problème concerne la question des flux de gènes, c'est-à-dire le passage du gène inséré à des espèces apparentées ou non à l'organisme modifié. Ainsi, un gène de résistance à un herbicide pourrait être transféré à des plantes sauvages apparentées à l'organisme transgénique, ce qui conduirait à la création de mauvaises herbes résistantes.

Un rapport INRA publié en 2000 concernant la dissémination accidentelle des OGM conclut ainsi :

" il est impossible de confiner un transgène strictement dans les parcelles cultivées, même si certaines hybridations ne se produisent qu'à des fréquences très faibles. Si l'on souhaite créer une double filière agro-alimentaire et conserver une filière " sans OGM ", il faudra donc savoir quantifier la pollution génétique d'un champ vers un autre, afin de mettre en place des consignes de culture garantissant des produits qui répondent aux normes choisies. "

Exemple: Le mais transgénique et le papillion Monarque.

 

 

Les plantes qui ont reçu le transgène codant la toxine du Bacillus thuringiensis étaient considérées comme inoffensives pour l'environnement. Ce transgène leur confère une résistance à un ravageur , dans le cas du maïs Ostrinia nubilalis , ou mineuse du maïs qui creuse des galeries dans les feuilles et les tiges du végétal.

Effets de la mineuse du mais

Le maïs infesté par une larve de lépidoptère Ostrinia nubilalis, ou mineuse a une tige moins résistante et l'attaque de la larve favorise l'infection par un champignon fusarium qui augmente notablement la teneur des grains en fumonisine (figure 8-14). Cette substance est mortelle pour le bétail.(porc et cheval) et soupçonnée d'avoir un effet carcinogène sur l'humain.

Figure 8- 30. Conséquences d'une attaque de mineuse sur maïs.

 

Remède

On connaît une substance inoffensive pour l'environnement qui possède un puissant effet insecticide : la toxine du Bacillus thuringiensis.

Le gène codant cette toxine a été cloné et introduit chez divers végétaux cultivés à l'aide d'un plasmide Ti (voir ci-dessus). Pour le mais, 5 souches différentes ont été isolées : 176, Bt 11, MON 810 (dont la culture est autorisée en Europe) et CBH351 et DBT418 (interdites en Europe, mais cultivées aux USA). Ces souches sont bien indépendantes puisque l'ADN-T s'insére au hasard. Chaque obtention indépendante est différente et peut avoir un phénotype différent selon le lieu d'insertion. Le transgène s'est révélé efficace pour la protection des plants de maïs (figure 8-15).

Figure 8- 31. Protection du maïs par un transgène Bt.

 

Problème écologique

Dans les champs, le pollen du maïs se dépose sur les plantes voisines, particulièrement sur celles qui sont en lisière, telles que Asclepias curassavica, qui sert de plante hôte à la larve du papillon Monarque (Danaus plexippus). On a pu montrer qu'après 4 jours de ce régime 56% des larves de monarque étaient mortes et que les survivantes avaient moins progressé qu'une population nourrie sur des plantes témoin sans pollen transgénique. Ces résultats sont d'une importance considérable pour la conservation du monarque car dans le nord des états Unis et le sud du Canada qui concentre 50% de la population estivale de monarques, dont les larves se nourrissent principalement de feuilles d'Asclepias poussant au bord des champs de maïs, le pollen est libéré durant 8 à 10 jours fin juillet-début août, juste dans la période de développement des larves de monarques. Compte tenu de la progression des souches transgéniques cultivées il est indispensable d'évaluer le risque associé à cette nouvelle agrotechnologie et de le comparer aux risques encourus avec les pesticides conventionnels.

Figure 8- 32.Le monarque Danaus plexippus la chenille et l'imago.

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