Les fragments obtenus
sont dépourvus de moyens de se répliquer(origine de réplication)
et d'extrémités protégées. Il est donc nécessaire de les
inclure dans une structure qui assurera leur propagation
et leur protection. Ces structures sont appelées des vecteurs.
vecteur natif lorsqu'il
ne contient que son ADN propre.
Vecteur recombiné lorsqu'il
a intégré un fragment d'ADN étranger, quel qu'il soit.
Une origine de réplication
est adaptée au mode de réplication de la cellule dans laquelle
se multiplie le vecteur. Les différentes cellules (procaryotes,
eucaryotes) ayant divergé depuis des millions d'années,
les modes de réplication ont divergé et sont actuellement
assez différents. Une origine de réplication de type eucaryote
ne fonctionnera pas dans une bactérie et réciproquement.
Lorsque l'on veut passer d'un type de cellule à l'autre
il faut des vecteurs qui possèdent les deux types d'origine
de réplication (ils peuvent coexister sans problème). De
tels vecteurs sont dits vecteurs navette XE "vecteurs
navette" .
Le contrôle d'une origine
de réplication peut être rigoureux et dans ce cas le vecteur
est répliqué à une vitesse comparable à celle du reste du
génome ; on a donc une (ou peu de) copie du vecteur par
cellule. Dans tous les cas on a cherché des origines de
réplication moins strictement controlées et on les a trouvées.
Alors il peut y avoir accumulation de copies de vecteur
dans une seule cellule, ce qui peut présenter certains avantages
(ou inconvénients). Chaque origine devra donc être caractérisée
pour ces deux paramètres (organisme de propagation, nombre
de copies accepté).
Pour protéger des extrémités
d'ADN deux moyens existent.
-
créer à chaque extrémité un bout
collant compatible avec l'autre et religuer les deux
extrémités l'une avec l'autre. On obtient un cercle
d'ADN sans extrémités libres. C'est ce qui est réalisé
dans les plasmides, chez le bactériophage lambda (()
,chez les cosmides, BAC (chromosome artificiel bactérien)
de E. coi et PAC de P1 (chromosome artificiel du bactériophage
P1).
-
On peut artificiellement coller aux
extrémités de l'ADN linéaire des télomères d'origine
chromosomique qui assureront la protection des bouts,
c'est la voie suivie pour la construction des chromosomes
artificiels (pYAC de la levure, pMAC des mammifères,
pHAC de l'homme).
Ces différents plasmides
se distinguent par leur capacité à accepter de l'ADN étranger.
Vecteur
de clonage |
Taille
de l'insert |
Plasmide
bactérien standard à grand nombre de copies |
0-10 Kb |
Bactériophage
à
insertion |
0-10 Kb |
Bactériophage
à
remplacement |
9-23 Kb |
cosmides |
30-44 Kb |
BAC (chromosome
bactérien artificiel) |
jusqu'à 300
Kb |
YAC (chromosome
artificial de levure) |
0.2-2.0 Mb |
Tableau 2-4. Différents
vecteurs et taille de l'insert accepté.