Les projets de séquençage
de génomes complets ont été commencés vers 1987. A cette
époque on savait déjà extraire, visualiser et séquencer
l'ADN de façon enzymatique (méthode de Sanger mise au point
en 1975). On maîtrisait des techniques de clonage de fragments
d'ADN. Une stratégie générale avait donc été définie en
fonction de ces outils

Figure 2-1 Stratégie
de séquençage pour un génome complet
Qu'appelle-t-on un clone
? La reproduction clonale est la reproduction à l'identique
sans intervention de deux parents. C'est le mode de reproduction
des bactéries. Une cellule en donne deux en se clivant.

Figure 2-2. Un
clone : toutes les cellules de la 6ème génération
sont identiques à la cellule mère du clone.
Cloner un génome, c'est
le mettre dans une cellule qui le reproduit à l'identique.
Une cellule a déjà son propre ADN qui lui fournit toutes
les informations nécessaires à sa vie. Elle ne peut pas
prendre en charge une grande quantité d'ADN surnuméraire.
Au lieu de chercher à mettre tout l'ADN génomique d'un organisme
dans une seule cellule, on va fragmenter ce génome et la
reproduction conforme de chaque fragment obtenu au hasard
sera confié à une cellule. Dans ces conditions ce n'est
pas un clone cellulaire qui contiendra tout le génome étudié
mais une collection de clones. Cet ensemble disparate constitue
une banque génomique.
Comment un morceau d'ADN
étranger peut-il se maintenir dans une cellule hôte ? S'il
entre tel quel dans une cellule avec des extrémités libres
(sans protection du type des structures télomériques, par
exemple) il va être immédiatement dégradé par les nucléases
de la cellule hôte. On utilise des structures spécialisées,
les vecteurs (plasmides ou autres) qui en intégrant
le fragment d'ADN dans un cercle d'ADN le protège des nucléases
intracellulaires. De plus ces vecteurs possèdent une origine
autonome de réplication qui va assurer la multiplication
du vecteur et du fragment d'ADN étranger qu'il porte.
Préparation de l'ADN à cloner
L'extraction d'ADN d'un
organisme est un protocole classique dans lequel on utilise
la propriété de l'ADN d'être soluble dans l'eau contrairement
aux protéines liposolubles. Dans la fraction acqueuse on
a les acides nucléiques ADN mais aussi ARN. Ces derniers
sont extrêment fragiles et sans doute une grande partie
a-t-elle déjà été dégradée par l'ARNase descellules de l'organisme
dont on prépare l'ADN. Cependant si l'on souhaite éliminer
tout l'ARN on peut faire agir in vitro(dans le tube par
opposition à in vivo :dans la cellule) de l'ARNase. A-t-on
récupéré l'ADN ,sous quelle forme et en quelle quantité
? On peut visualiser le produit de l'extraction dans un
gel d'agarose.
Visualisation de l'ADN
L'ADN est une molécule
qui se déplace dans un champs électrique (du pôle - vers
le pôle +).Quelque soit sa taille sa charge ne varie pratiquement
pas. On va donc emprisonner l'ADN dans un réseau de "filets"
(ou tamis moléculaire) et le soumettre à un champ électrique.
Le tamis moléculaire est constitué par un gel (Ce gel est
constitué d'une solution d'agarose dans un mélange
aqueux chaud qui prend en masse en refroidissant. On peut
remplacer l'agarose par de l'acrylamide qui polymérise
spontanément à la température ambiante.
La différence principale réside dans la taille
de la maille du tamis moléculaire, plus fine avec
de l'acrylamide. un gel d'agarose permet de séparer
des fragments dont la taille diffère par une centaine
de bp au moins, alors que le polyacrylamine permet une résolution
à la base près.) liquide qui se solidifie
en polymérisant. L'ADN va se déplacer, les morceaux les
plus petits se faufileront plus facilement entre les mailles
alors que les fragments plus gros seront ralentis en fonction
de leur taille (fonction complexe que l'on n'a pas caractérisée
mathématiquement ). Pour voir les fragments d'ADN ainsi
triés par tailles on utilise les propriétés de cette molécule
en double hélice. Elle est capable d'absorber l'énergie
de rayons ultraviolets et de permettre l'intercalation entre
les plateaux de bases appariées des moléculesde bromure
d'ethidium (BET qui peut
ainsi induire des mutations). L'énergie des rayons U.V.absorbée
par l'ADN est transmise au B.E.T. qui l'utilise pour émettre
une lumière orangée.
Dans le gel, là où il
y a de l'ADN, du B.E.T. peut se fixer ,des U.V. lui transmettent
leur énergie par l'intermédiaire de l'ADN et cet endroit,
caractéristique de la taille du fragment de l'ADN apparaît
comme une ligne colorée plus ou moins épaisse en fonction
de la quantité d'ADN présente.
A
B
Figure 2-3.A: schéma
dessus et profil du dispositif utilisé pour faire une électrophorèse
en gel d'agarose.
B
photographie
sous UV du gel après migration.