Les propriétés de cette
molécule support de l'hérédité sont la conséquence de sa
structure en double hélice de deux brins de séquence complémentaires.
Dénaturation
Une première conséquence
physique est la sensibilité de la molécule native d'ADN
à la chaleur. Les liaisons hydrogène qui assurent la structure
en double hélice sont sensibles à la chaleur et le chauffage
au-delà de 80°C suffit à les rompre on voit alors l'ADN
natif se dénaturer en deux simples brins qui ne sont plus
maintenus ensemble. Ces liaisons labiles vont cependant
se rétablir si le refroidissement des brins est lent et
les deux brins vont se repositionner en respectant les règles
d'appariement en sorte que l'on peut retrouver l'ADN natif
initial. Par contre, si le refroidissement est brutal les
simples brins sont " figés " et restent sous la
forme simple brin.
Figure 1-9. Dénaturation
renaturation de l'ADN.
Reproduction
Figure 1-10. Réplication
de l'ADN
La structure en double hélice
permet d'envisager la pérennité du matériel génétique d'une
génération à l'autre. Le détail des mécanismes de la réplication
XE "réplication" , aujourd'hui assez bien connu
vous est détaillé dans le cours de biochimie. La réplication
se fait par séparation des brins anciens qui servent de
moule pour la synthèse des nouveaux brins en respectant
la complémentarité des bases. Les deux double hélices sont
donc identiques à la double hélice initiale. La réplication
est dite semi conservative puisque sur les deux brins l'un
est ancien et l'autre est nouveau.
Information
Comment l'ADN assure-t-il
son rôle directeur du métabolisme et de l "aspect de
la cellule ou de l'organisme. Ces mécanismes font l'objet
du cours de biochimie. Seuls les grandes lignes sont ici
rappelées car indispensables pour comprendre les développements
génétiques suivants.
La séquence de l'ADN
porte un message qui doit être traduit comme tout langage
codé. l'intermédiaire qui va assurer la traduction du message
codé par les nucléotides en mots des protéines est l'ARN
de transfert (ARNt XE "ARNt" . De plus l'ADN lui
même ne va pas être utilisé directement pour être traduit
mais c'est une copie qui va être utilisée. Cette copie pourra
être plus ou moins multiple ce qui permettra de moduler
le niveau final de la protéine (voir le cours de régulations).
Cette copie est l'ARN messager (ARNm XE "ARNm"
) qui est ,comme l'ADN un polymère nucléotidique qui ne
se distingue du précédent que par quelques caractéristiques.
Il est constitué de 2
bases puriques (A et G) et de 2 bases pyrimidiques C et
Uracile XE "Uracile" à la place de T. Le désoxyribose
est remplacé par le ribose.
Il est monobrin
Figure 1-11. Constituants
de l'ARN
La copie se fait sur l'ADN
dont les deux brins se séparent localement. Seul un brin
(toujours le même pour une zone donnée) est copié (brin
transcrit) en respectant la complémentarité des bases à
ceci près que les appariements AT sont remplacés par des
appariements AU. L'ARNm a donc la même séquence que le brin
non transcrit à condition de remplacer les T par des U.
Après cette synthèse ou transcription la molécule de messager
va subir des modifications post transcriptionnelles diverses
(épissage XE "épissage" , capping XE "capping"
, queue poly U XE "queue poly U" , editing XE
"editing" ...) selon les cas.
Figure 1-12. Principales
étapes de la transcription.
Une fois que l'ARNm a
atteint le cytoplasme il va servir pour synthétiser un polypeptide,
avec le concours de l'ARNt XE "ARNt" et du ribosome
XE "ribosome" .
Le ribosome est constitué
de deux sous unités. Chacune comprend une molécule d'ARN
ribosomiques (ARNr XE "ARNr" )et de nombreuses
molécules protéique, l'ensemble constituant un ribozyme
(enzyme à ARN). Les protéines sont codées par des parties
du génome (les gènes de structure) et les ARNr par d'autres
parties (gènes des ARNr).
L'ARNt est un petit ARN
d'une centaine de nucléotide qui est apte à transporter
un acide aminé particulier. Chaque ARNt est codé par un
gène particulier.
Figure 1-13. Le
code XE "code" génétique et les ARNt qui assurent
la traduction.
Figure 1-14. Mécanisme
de la traduction.
L'unité élémentaire d'information
est faite de 3 nucléotides (le codon XE "codon"
).Lors de la traduction, le message est lu sans chevauchement,
un polypeptide de 200 acides aminés est codé par un message
de 600 (+3 pour le codon stop) nucléotides. Lorsque l'on
a déterminé une séquence nucléotidique, on peut essayer
de déterminer si elle peut correspondre à un polypeptide.
Dans ce but on applique le code génétique. Il n'est pas
dit que la séquence commence sur le premier nucléotide du
codon, on a donc le choix entre 3 phases de lecture. De
plus il n'est pas sûr que le brin dont la séquence déterminée
soit celui qui correspond à la séquence de l'ARNm (brin
non transcrit). Si tel est le cas il existe également trois
phases possibles de lecture sur l'autre brin.
Dans l'exemple ci-dessus
une seule phase n'est pas interrompue par un ou plusieurs
codons stop(en gras) : la phase +2 qui est qualifiée de
phase ouverte de lecture. C'est la seule qui soit suceptible
d'être fonctionnelle. Si une phase ouverte est suffisamment
longue c'est un bon candidat pour coder un polypeptide.
Dans le code génétique
il faut distinguer 4 codons particuliers
AUG qui précédé d'un signal
particulier (TATA box) et situé en début de phase indique
précisément le début de la traduction.
UAG, UAA et UGA qui sont
des codons stop et indiquent la fin de la chaîne polypeptidique.

Figure 1-15. Les
six phases possibles de lecture d'une séquence d'ADN
En conclusion une définition
du gène XE "gène" peut être proposée :
Un gène est un fragment
d'ADN qui code pour un polypeptide et qui occupe une place unique dans le génome.
La succession des bases
possède un caractère informatif qui contrôle la synthèse
d'un polypeptide qui peut être doué d'activité catalytique
(ou autre), c'est l'unité de fonction biochimique.
La structure double brin
permet que le message entier soit reproduit fidèlement de
génération en génération.