Microsatellites
Définition
Un second type de repère
est constitué par de l'ADN répété : un microsatellite est
la répétition en tandem (toujours dans le même sens , par
opposition à répétitions inversées répétées)un certain nombre
(variable) de fois d'un motif court (de 1 à 4 nucléotides,
le plus souvent). Pour que ce marqueur puisse être un repère
non ambigu, il doit être entouré à droite et à gauche de
séquences uniques.
Figure 3-52. Détail d'un
microsatellite.
Selon les individus un microsatellite
peut comporter un nombre de répétitions qui est différent.
Mise en évidence
Pour isoler des microsatellites,
on va de nouveau partir d'une banque génomique humaine que
l'on hybride avec de l'ADN humain total (comme dans le cas
des RFLP) mais cette fois les clones intéressants sont ceux
qui présentent une affinité décelable pour l'ADN génomique
(contrairement au cas précédent). Ces clones contiennent
de l'ADN qui s'hybride facilement donc fréquent dans le
génome. Il y a donc de fortes chances que ce soit de l'ADN
répété. Il faut ensuite les reprendre un à un pour mettre
en évidence de part et d'autre de la région répétée des
portions de séquences uniques dans le génome. Encadrant
le motif répété, et situé dans les parties uniques, on détermine
deux amorces de 20 à 40 nucléotides (séquences simple brin)
qui vont servir lors d'une réaction d'amplification en chaîne
(Polymerase Chain Reaction) pour synthétiser un grand nombre
de copies du motif. L'ADN produit par cette réaction sera
analysé par électrophorèse sur un gel de polyacrylamide
dénaturant afin d'en déterminer la longueur. Souvent cette
longueur est variable : le microsatellite présente plusieurs
formes alléliques.
La réaction de PCR (Polymerase
Chain Reaction)
c'est un outil extrêment
utilisé en biologie moléculaire. Il est temps d'en donner
les grandes lignes. On utilise une polymérase pour recopier
de l'ADN dénaturé. Rien de nouveau, sauf que l'ADN ainsi
synthétisé va à son tour servir de matrice pour de nouveaux
cycles de synthèse. Or pour le dnaturer il faut le chauffer,
et le chauffage dénature et inactive les protéines ! Il
existe des organismes capables de vivre à des températires
extrêmes (aussi bien hautes que basses) et en 1989, Saïki
a utilisé une polymérase extraite d'une bactérie thermophile,
polymérase qui résiste à des températures de l'ordre de
95°C. Les schémas suivants donnent les premières étapes
de la PCR. Notez bien la taille des molécules néosynthétisées
à chaque cycle et voyez celles qui s'accumulent le plus
abondamment, ce seront les seules visibles.
Cycle de
PCR |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
7 |
molécules
d'ADN copiées |
2 |
4 |
8 |
16 |
32 |
64 |
128 |
copies du
usat (() |
0 |
0 |
2 |
8 |
22 |
52 |
114 |
copies de
taille différente |
2 |
4 |
6 |
8 |
10 |
12 |
14 |
Tableau 3-3. Evolution du
nb de copies en f des cycles de PCR.
Quelques sites qui présen,tent
une animation PCR :
en anglais
en français
Un microsatellite est donc
complètement défini par
- le motif répété qui le compose
- les amorces uniques qui l'encadrent
et servent à l'identifier et à l'amplifier.
Un marqueur microsatellite,
avec un organisme qui ne porte qu'un lot de chromosomes
(ou organisme haploïde) ne doit présenter qu'une bande amplifiée.
Un individu diploïde ne présentant qu'une bande amplifiée
doit porter le même nombre de répétitions sur ses deux chromosomes
homologues. Il est dit homozygote. S'il présente deux bandes
de tailles différentes alors les deux chromosomes homologues
portent un nombre de répétitions différentes, la personne
est dite hétérozygote. Dans la dernière figure ci-dessus
seul 3 est homozygote pour la forme 4 répétitions. tous
les autres sont des hétérozygotes.
n° du sujet |
nb de répétitions
d'un allèle |
nb de répétitions
de l'autre allèle |
haplotype* |
génotype* |
1 |
4 |
17 |
4,17 |
4/17 |
2 |
10 |
23 |
10,23 |
10/23 |
3 |
4 |
4 |
4 |
4/4 |
4 |
13 |
16 |
13,16 |
13/16 |
5 |
4 |
11 |
4,11 |
4/11 |
6 |
3 |
14 |
3,14 |
3/14 |
L'haplotype décrit seulement
les différentes formes observables chez un individu, alors
que le génotype indique, l'une sous l'autre (puisqu'elles
sont homologues), les deux formes présentes.
Tableau 3-4.Interprétation
du gel d'analyse de PCR.
Détection
La détection d'un microsatellite
connu comporte les étapes suivantes :
- extraction deb l'ADN génomique
- réaction de PCR avec cet
ADN et le couple d'amorces correspondant au microsatellite
exploré
- électrophorèse sur gel de
polyacrylamide (haute résolution).
Ce protocole est moins délicat
et plus rapide que celui de la détection des RFLP. C'est
une des raisons qui ont conduit à l'abandon, lorsque cela
est possible, des RFLP au profit des microsatellites.
Fréquence
Dans ce qui précède on a
pu voir des exemples de microsatellites qui présentent de
nombreuses formes alléliques distinctes. Dans ce cas la
fréquence des hétérozygotes pour ce type de marqueur pourra
être beaucoup plus élevée et donc d'une utilité plus générale.
C'est une raison de plus de préférer les microsatellites
quand on a le choix.
Les microsatellites sont
dans l'ensemble répartis uniformément dans l'ensemble du
génome humain à raison d'un tous les 10kbp, en moyenne.
Néanmoins, il peut y avoir des zones ou plus rares ils ne
sont alors pas pratique à utiliser.
Le tableau 3-5 présente
plusieurs marqueurs étudiés dans une population irlandaise.
3 types de marqueurs sont présents : des RFLP simples (qui
ne donnent jamais plus que 50% d'hétérozygotes) des RFLP
qui combinent plusieurs sites voisins et des microsatellites
. On peut remarquer que pour l'ensemble de ces deux dernier
la fréquence d'hétérozygotes est en général très supérieure
à 50%.
Si l'on appelle pa,
pb, pc, ...pn les fréquences
respectives des différents allèles pour un marqueur donné
la fréquence attendue d'hétérozygotes est égale à 1 diminué
de la fréquence des homozygotes (pa2+pb2+pc2+...+pn2
= ((pn2)
Symbole
du locus |
nom du
site |
% hétérozygotes
attendus |
Exp Het |
APOB |
EcoRI
|

|
0.23 |
APOB |
XbaI
|

|
0.50 |
COMT |
BglI
|

|
0.20 |
COMT |
HindIII
|

|
0.48 |
D10S94 |
TaqI
|

|
0.19 |
APOB |
2-site
haplotype (XbaI, EcoRI) |

|
0.61 |
COMT |
3-site
haplotype (HindIII, NlaIII, BglI) |

|
0.75 |
CYP2E |
3-site
haplotype (PstI, RsaI, MspI) |

|
0.10 |
PAH |
4-site
haplotype (BglII, PvuII A, MspI, XmnI) |

|
0.80 |
DRD2 |
5-site
haplotype (TaqI B, TaqI D, (GT) STRP, HincII, TaqI
A) |

|
0.82 |
Class
I ADH |
6-site
haplotype |

|
0.74 |
D2S123 |
D2S123
dinucleotide STRP |

|
0.71 |
DRD2 |
Intron
2 (GT)n dinucleotide STRP |

|
0.67 |
HOXB6 |
(CA)n
STRP |

|
0.64 |
SLC6A3 |
2-site
haplotype (3' VNTR, G2319A MspI) |

|
0.59 |
COMT |
4-site
haplotype (HindIII, (TAAA) repeat, NlaIII, BglI) |

|
0.85 |
Tableau 3-5. Fréquence attendue
des hétérozygotes pour différents marqueurs dans une population
irlandaise.
Figure 3-13. Carte du chromosome
7 humain montrant la répartition des marqueurs microsatellites.